Christine Ann
WILLIAMSON
Née en Angleterre à Marple, élevée à Poynton, Cheshire, près de Manchester, Christine Ann Williamson a baigné dans une atmosphère familiale artistique.
Il me semblait que tout mon entourage savait dessiner. Mes parents, mon oncle, ma meilleure amie, étaient tous si talentueux. A une époque sans divertissements électroniques, nous faisions tous volontiers des gribouillis pour s’exprimer, s’amuser, communiquer. A la maison, se trouvait une abondance de papier, crayons, fusains. Et il y avait le fameux coffret en bois contenant des tubes de peinture à l’huile, glissé sous un meuble hors de ma portée et objet interdit pour moi.
Mes parents craignaient mes barbouillages et que je mette cette peinture couteuse partout. Ils m’ont offert d’autres peintures à l’eau, plus adaptées à mon âge et à mon entrain. Ce coffret de peinture interdit appartenait à mon père, un cadeau de mariage offert par ma mère.
Mon père était l’artiste le plus talentueux que j’aie jamais connu. Un don hérité de son propre père, mon grand-père Williamson. Bien qu’il exécutait souvent des dessins et des peintures à mon intention depuis que je suis née, un moment décisif reste gravé dans ma mémoire.
Un soir, ma mère est allée voir au cinéma le film South Pacific, qui venait de sortir et qui faisait grand bruit à l’époque. Mon père est resté avec moi à la maison – j’avais entre 5 et 6 ans. Il m’a pris sur ses genoux avec des feuilles de papier et un crayon, et a commencé à m’apprendre à dessiner. Il avait une telle patience et beaucoup de sérieux, apportant un grand soin dans le dessin académique.
Depuis ce soir-là, je me suis mise à dessiner sans relâche – même à l’école pendant les cours, je dessinais en cachette les portraits de mes camarades. Après l’école, je partais faire des promenades dans la campagne anglaise faisant des croquis de la nature.
Mon père a continué à m’enseigner les méthodes très rigoureuses et je lui soumettais mes œuvres pour son approbation. Tout y était dans son enseignement : composition, perspective, proportions, traits de crayon ou plume maitrisés dans le respect de l’art académique. Et après ce long apprentissage des bases, la peinture. Et l’étude des grands maîtres de la peinture, l’histoire de l’art sur fond de musique classique à laquelle il me sensibilisait également.
Même, on écrivait ensemble des poèmes illustrés en confectionnant de petits livres. Mon père était mon seul professeur.
Je lui suis si reconnaissante de tout ce qu’il m’a transmis; l’amour et le respect de l’art, la discipline, l’émerveillement et la joie.
Bien sûr, j’ai suivi d’autres cours d’art, mais en général on me laissait toujours travailler seule – mon bagage étant largement acquis grâce à mon père. Même maintenant qu’il n’est plus de ce monde, il est toujours à côté de moi lorsque je peins ou je dessine. Je lui demande son aide, son avis, lesquels il ne manque jamais de me prodiguer. Il continue à vivre dedans et à travers mes œuvres. Je dois tant à mon père, mais aussi au soutient et l’encouragement de ma mère.
Et dans une autre époque lointaine, lors de vacances de ski avec un groupe de p’tites anglaises, elle tombe amoureuse de la Suisse, de ses montagnes, ses chalets, cet air enivrant. Et depuis cette belle rencontre, elle partage sa vie entre la Suisse et l’Angleterre.
Comme dans tous les contes de fée, il y a eu quelques épreuves mais beaucoup de joie, et elle pense maintenant vivre un long « happy end » un heureux épilogue de sa vie. Elle peut, à présent, se consacrer entièrement à célébrer la beauté et les richesses de la Suisse en peintures. Un petit pays mais une immense inspiration.
Il y a tant à faire et le temps est court.
La peinture à l’huile est devenue son choix de prédilection.
Je travaille assez lentement, avec mes émotions, ce qui correspond au temps de séchage de la peinture. J’aime sculpter et mélanger les couleurs, non seulement sur la palette mais aussi directement sur toile – ou sur panneau en bois.
Eh oui, elle affectionne le bois – encore une influence paternelle. En effet, son père était aussi ébéniste et restaurateur d’antiquités. Il lui a appris l’amour et le respect du bois.
Que signifie la peinture pour moi ? C’est une véritable thérapie de vie. Le remède à toutes les peines, la célébration de toutes les joies. Dès que mes pinceaux effleurent la toile, je pars dans un autre monde. J’ai besoin de peindre, c’est mon pain de chaque jour.